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Sauvage ...



Sujet: Sauvage ... — Sam 5 Mai - 18:37

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Sauvage.

Il n'est d'histoire qu'on ne peut écrire, et pourtant. Il y aurait tant de mots à dire que je ne saurais trouver les bons. Fermer les yeux, et se rappeler les premiers instants... J'étais pourtant heureuse avant. Avant. Il y avait la mer, mes parents et toujours ce vent dans la tête. Il n'y avait pas d'impératif, que la liberté. La liberté sur les mers, quand on partait pêcher de si bonne heure. La liberté de croire qu'un jour je serais grande. Le sourire de mon père, et la douceur de ma mère. Simplicité, et pourtant ça suffisait. Je ne pensais pas à ce que pourrait être la vie après. Après. Il y avait aussi toujours ce vent, de la mer évidemment... La douceur d'une nuit d'été au bord de l'eau. Les sentiments reviennent avec les souvenirs. Il n'y avait pas de peine alors. Pas encore. Mais le temps est imparfait, il emporte avec lui les rires, et l'insouciance. L'enfance est unique pour son bonheur. Pour mon bonheur à vrai dire, l'art d'être une enfant heureuse.
On me disait sauvage, j'étais alors juste solitaire. Pourtant je le suis devenue à force, mais après. Après tout. L'enfance ne dure qu'un temps, et il fut déjà l'heure du voyage. Prendre la mer, lever les voiles et quitter. Surement que j'avais besoin de partir pour grandir, mais pourtant je ne voulais pas. M'arracher à ma terre, ma vie. Quitter cette ville que j'aimais tant. Le temps d'apprendre à vivre, et je reviendrais. Est-ce seulement possible, ou probable ?

Sauvage.

On me qualifiait ainsi alors que je trainais sur les quais. Incomprise, et perdue pourtant. Je ne voulais plus voir en face la vérité, et ne chercher qu'à détourner mes yeux. J'avais cru échapper à la vie, et pourtant. La mer toujours, pourtant le vent avait tourné. Je ne trouvais plus l'apaisement dans l'immensité. Fermer les yeux, et me souvenir. Avant, elle était superbe, aujourd'hui elle ne guérissait plus mes blessures. Trop dures, trop lourdes à porter surement. Alors je trainais, les bottes usées dans les flaques d'eau salée. Sans être prête toujours à rentrer chez moi, il fallait que j'oublie avant tout. Ne plus penser, et regarder l'horizon inlassablement, la tempête... D'abord la tristesse, sombre et discrète. Mais aussi la haine et les rancoeurs. Mais jamais de regrets, pourtant la colère d'être arriver ici. De n'être arriver à rien plutôt. Ou plutôt ce qu'il avait fait. Les mots ne suffisaient pas, il y avait le reste. Fermer les yeux, et fuir les bruits, les corps, les paroles et les souvenirs toujours. La fuite n'est pas que lâche, elle est aussi nécessaire. Se reconstruire pour rêver à nouveau, se rendre compte surtout. Réaliser.

Il n'y ai rien qu'on ne puisse pas surmonter. La faim, ou la tristesse. Tout ça revient au même, si on décide de ne plus y penser. Il y avait cette si jolie petite fille, on riait souvent ensemble. Un sourire, un de plus. Pourtant cette histoire n'est pas tragique, la beauté dans chaque instant. Maintenant qu'il était partit, ma liberté enfin retrouvée. Il y avait cette taverne dans laquelle on trainait tard le soir, Sufokia. Je retrouvais l'air marin, et pourtant ce n'était pas pareil. Les rues de la ville paraissent irréelles, on pourrait croire qu'elle n'existe pas dans le monde des autres. Le calme, la solitude toujours. Et cette si jolie fille qui me souriait. Une nouvelle maison, et de nouveaux espoirs. L'oubli, face aux heures qui s'écoulent. Alors mettre des mots sur les blessures. Mort Larme Silence Cri Violence Peur Seule. Et enfin ouvrir les yeux.

Lui. Alors je me suis réveillée. Il était tard, l'été allait arriver et je n'avais pas vu le printemps. J'ouvrais les yeux, la brume sur Sufokia bientôt dissipée. Les pavés brillaient sous la clarté matinale. J'aurais pu voir mon reflet. Quelle tristesse. Je ne me reconnaissais plus. La pluie avait cessé... Les poils mouillés, grisés, les yeux embués. Il me regardait. Quelle tristesse, qu'a-t-il pu voir de beau en moi. Il ne restait rien, même pas mon ombre... L'ombre de ce que j'avais été avant. Il était tard, j'avais tellement trainer mes pattes dans tous les coins de rues, tellement dormit au coin du feu de la taverne. J'étais perdue, et il était devant moi. Un sourire enfin, mes lèvres s'étiraient, et je voyais le soleil se lever.

[...]

Souvent, je ferme les yeux et j'essaye de me rappeler sa voix, son rire ou son regard. Pourtant j'avais cru pouvoir retrouver le bonheur. Après tant de larmes, et tant de haine, je pensais vivre à nouveau. Retrouver l'innocence face à la vie, oublier qu'un jour j'étais tombée. Tellement bas, tellement loin. Mais j'étais debout à nouveau, avec des forces à revendre. J'avais retrouvé la mer, le calme et le bleu si profond. Le même bleu que mes yeux disaient mon père, les yeux de l'océan. Et pourtant, il n'y a plus que des tempêtes à présent qu'il a disparut. Qui aurait pu le prévoir. La mer que j'aimais tant, jamais je ne lui pardonnerais de me l'avoir prit. J'aimais tellement ses tempêtes avant. Quand mon coeur était encore remplit de souvenirs, et d'amour. Quand j'avais pansé toutes mes blessures. Dire que je croyais de nouveau à la vie. Mais depuis il a disparut. Un bateau, du vent... Toujours du vent, et il n'est jamais revenue.

Alors j'ai reprit la route. On m'avait apprivoisée, je suis revenue sauvage. Tant de rage dans mon âme, j'ai trop de vagues dans mon coeur pour supporter le monde. Il me faut prendre le large, oublier tout, et larguer toutes les amarres. Je ne peux plus voir cette mer, si calme sans voir mon père tomber. Il est dans chacun de mes regards, et dans toutes mes pensées. Peut-on vivre avec la mort chaque jour. Un pas de plus qui me rapproche de la chute, je suis prête à sauter.

Sauvage.

Je ne supporte plus le bonheur, ou le malheur de chacun. Je ne supporte plus ces gens, ces attroupements. Je ne veux pas de pitié, je voudrais juste partir sur les routes. Loin de chez moi, loin de tous, et de tout. Un sac sur l'épaule, et comme unique compagnie mon p'tit Léo, le seul fidèle, le dernière des familiers. Je veux prendre la route, et ne plus jamais la quitter. Peut-être partir là où personne ne me connaît. Là où personne ne connaît mon histoire. Et enfin me reposer, faire taire ces cris dans ma tête. Et recommencer une nouvelle vie. Tout laisser tomber, et ne penser qu'à moi. Ou plutôt ne plus penser à moi, ne plus penser à rien et recommencer ailleurs. Une nouvelle vie, un nouveau nom, une nouvelle terre.

Mais comment partir loin sans devoir franchir la mer. De toutes part, elle nous cerne. Il n'y a pas de pays où fuir, où je ne me retrouverais pas face à elle, et face à mon destin. Alors avoir peut-être le courage de franchir les tempêtes, pour me retrouver de l'autre côté, prête à tout conquérir. Peut-être devrais-je l'affronter si je veux réussir à repartir. Revivre, et ne plus survivre.

Rejoindre des plaines désertes, ou les vastes forêts inhabitées. Je rêve de solitude, de route, et d'espoir. L'été est passé semblable à un hiver, je ne me rappelle pas les journées chaudes où les rires devaient résonner dans tous les villages. L'été ne fut qu'un long hiver, alors partons. Frigost, nouvelle terre, nouvelle vie surement. Me perdre sur cet immense continent...

Et redevenir sauvage.



Bye Piimousse, ma dominatrice préféré. :hap:
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Sujet: Re: Sauvage ... — Sam 5 Mai - 18:40

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Personne ne vous entendra crier dans l'espace.
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Sujet: Re: Sauvage ... — Sam 5 Mai - 18:44

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Qui est cette dominatrice ? :hap:
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Sujet: Re: Sauvage ... — Sam 5 Mai - 19:11

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Bah, ma maitresse, celle qui me fouette. :hap:
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Sujet: Re: Sauvage ... —
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